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Journal Dai Yokai

Chōchin-obake : la lanterne hantée du Japon


Au Japon, même les objets peuvent devenir des monstres. Le Chōchin-obake (提灯お化け, « lanterne fantôme ») est une lanterne en papier qui prend vie : le papier se fend en une grande bouche, un œil unique apparaît, et une longue langue se déroule. Loin d'être un démon terrifiant, c'est un yokai farceur, presque comique, mais il illustre une idée centrale du folklore japonais : les choses qu'on utilise ont une âme. Voici ce qu'est le Chōchin-obake et la croyance des tsukumogami qui le porte.

Chōchin-obake : la lanterne hantée du Japon
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Qu'est-ce qu'un Chōchin-obake ?

Le Chōchin-obake est une lanterne chōchin traditionnelle, ces lampes en papier tendu sur une armature de bambou en spirale, devenue vivante. Sa transformation est caractéristique : la fente verticale du papier s'ouvre comme une bouche béante, un seul œil (parfois deux) surgit au-dessus, et une langue rouge pend de l'ouverture. Il vole, tournoie, tire la langue et roule des yeux pour effrayer les passants, mais reste un yokai de farce plus que de danger. On le trouve souvent dans les histoires de maisons hantées et dans le théâtre, où sa silhouette branlante et grimaçante faisait son petit effet.

Les tsukumogami : quand les objets prennent une âme

Le Chōchin-obake appartient à la famille des tsukumogami (付喪神), les objets devenus yokai. La croyance, popularisée à l'époque Muromachi, veut qu'un outil ou un ustensile ayant atteint cent ans d'existence acquière un esprit et puisse s'animer. Parapluie (le Kasa-obake à une jambe), sandales, théière, biwa, futon : presque tout objet du quotidien a sa version hantée. Derrière cette idée se cache une morale concrète : il faut respecter et entretenir ses possessions, ne pas les gaspiller ni les jeter avec négligence, sous peine de les voir revenir, rancunières. C'est une pensée écologique avant l'heure, ancrée dans le respect des choses.

Pourquoi un œil et une langue ?

Cette imagerie est typique des tsukumogami, qui empruntent des traits humains à leurs parties existantes. La fente du papier devient bouche, le cadre de bambou devient corps, et l'objet exprime soudain une personnalité, souvent moqueuse. Le Chōchin-obake n'est pas conçu pour terrifier comme un yūrei ou un Gashadokuro, mais pour surprendre et amuser. C'est un yokai de veillée, de conte du soir, qui rappelle que la frontière entre l'animé et l'inanimé est, dans la pensée japonaise, beaucoup plus mince qu'en Occident.

Le Chōchin-obake dans la culture

Sa silhouette reconnaissable, lanterne ronde, œil unique, langue tirée, en a fait un favori des estampes, des défilés de yokai (hyakki yagyō, la « parade nocturne des cent démons ») et de la culture populaire moderne, des jeux vidéo aux décorations d'Obon et d'Halloween. C'est l'un des yokai les plus faciles à reconnaître et les plus sympathiques, à l'opposé des créatures de rancune. Comme l'ensemble des yokai, il dit quelque chose du regard japonais sur le monde : tout, même une simple lampe, peut abriter un esprit.

Chōchin Obake, lanterne hantée japonaise faite main par Dai Yokai
Chōchin Obake, lanterne hantée japonaise faite main par Dai Yokai, disponible ici.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un Chōchin-obake ?

C'est une lanterne en papier traditionnelle (chōchin) devenue yokai. Sa fente s'ouvre en bouche, un œil unique apparaît et une longue langue pend. C'est un esprit farceur plus qu'un démon dangereux.

Qu'est-ce qu'un tsukumogami ?

Un objet du quotidien devenu yokai. La croyance veut qu'un outil ayant atteint cent ans acquière une âme et puisse s'animer. Le Chōchin-obake (lanterne) et le Kasa-obake (parapluie) en sont les exemples les plus connus.

Le Chōchin-obake est-il dangereux ?

Non, c'est un yokai de farce. Il vole, tire la langue et roule des yeux pour surprendre, mais ne cause pas de mal réel, contrairement aux esprits de rancune comme les yūrei ou le Gashadokuro.

Pourquoi les Japonais croyaient-ils que les objets prennent vie ?

Pour rappeler de respecter et d'entretenir ses possessions. Un objet maltraité ou jeté avec négligence pouvait, selon la croyance, revenir sous forme de tsukumogami. C'est une morale du soin et du non-gaspillage.

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