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Journal Dai Yokai

Yokai : esprits et démons du folklore japonais

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Un yokai (妖怪) est une apparition étrange du folklore japonais. Ça peut être un ogre, un renard métamorphe, une femme fantôme, un objet qui prend vie, ou une présence qu’on ne sait pas vraiment classer.

Dans l’atelier, les yokai sont mon point de départ. Ils permettent de travailler des visages qui ne sont pas seulement décoratifs : un Oni protège autant qu’il effraie, un Kitsune peut bénir ou tromper, un Hannya reste humain jusque dans sa monstruosité.

Pour une version rapide, tu peux lire le top 10 des yokai japonais. Ici, je pose plutôt les bases : définition, différence avec les kami et les yūrei, grandes familles, et lien avec les masques Dai Yokai.

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Les yokai ne sont pas des "démons" au sens occidental. En Occident, un démon est mauvais par nature, opposé à Dieu. Le yokai échappe à cette logique binaire. Certains sont terrifiants (le Gashadokuro , squelette géant de 15 mètres). Certains sont farceurs (le Tanuki , chien viverrin ivrogne et blagueur). Certains portent chance ( Zashiki Warashi , l'enfant-esprit qui enrichit les maisons qu'il habite). La plupart sont ambivalents.

À l'origine, les yokai servaient à expliquer l'inexplicable. Pourquoi la rivière noie les enfants ? C'est le Kappa qui les tire par les pieds. Pourquoi on se perd en montagne ? C'est le Tengu qui nous égare. Pourquoi la maison craque la nuit ? C'est le Yanari . Ils sont la réponse personnifiée aux dangers et aux mystères du monde.

Le nom de mon atelier vient de là. "Dai" pour Daitengu (大天狗, le Grand Tengu), "Yokai" parce que c'est le terme que tout le monde cherche. Dai Yokai , c'est le yokai en grand format.

Yokai, kami, yūrei : quelle différence ?

C'est la question que je reçois le plus souvent, et la réponse n'est pas aussi nette qu'on le voudrait.

Le yokai est une créature surnaturelle. Il naît de la nature, d'un animal vieillissant, d'un objet centenaire, ou de l'imagination collective. On ne le prie pas. On le craint, on le tolère, parfois on négocie avec lui (les offrandes de concombres au Kappa, par exemple).

Le kami (神) est une divinité shinto. On lui construit des sanctuaires ( jinja ), on le vénère, on lui demande protection. Amaterasu (déesse du soleil), Inari (dieu de la prospérité), Raijin (dieu du tonnerre) sont des kami. Pour le guide complet : Les Kami, dieux japonais .

Le yūrei (幽霊) est un fantôme humain. L'esprit d'un mort qui ne peut pas "partir" : trop de regret, de haine ou d'amour le retient. Kimono blanc funéraire, cheveux noirs, pas de pieds. Oiwa, Okiku, Sadako : tous des yūrei. Pour les histoires complètes : Guide des Yūrei .

Mais la frontière est floue. Raijin et Fujin ressemblent physiquement à des Oni (griffes, crocs, peau colorée), mais ce sont des kami. Le Dragon Ryū est une créature fantastique, mais il est vénéré comme divinité aquatique. Un yokai suffisamment puissant ou ancien peut être "promu" en kami : c'est le cas de certains Tengu qui sont aujourd'hui vénérés dans des sanctuaires.

TypeExemplesRelation humaine
YokaiOni, Kitsune, Tengu, Kappa, JorogumoOn le craint, on l’évite ou on négocie avec lui
KamiAmaterasu, Inari, Raijin, FujinOn le vénère, on le prie, on lui construit un sanctuaire
YūreiOiwa, Okiku, SadakoOn l’apaise par les rites ou on le fuit

D'où viennent les yokai ? (histoire courte)

Époque Heian (794-1185). Les yokai vivent dans l'ombre. On en a peur. Ils sont les forces obscures qui rôdent hors des villes. C'est l'époque des grands exorcismes, des légendes de Shuten-dōji et des moines enlevés par les Tengu.

Époque Edo (XVIIe-XIXe siècle). Tout change. L'imprimerie se développe, et un artiste de génie, Toriyama Sekien (鳥山石燕, 1712-1788), décide de recenser les monstres du folklore oral dans des encyclopédies illustrées. Son Gazu Hyakki Yagyō (画図百鬼夜行, "Parade nocturne illustrée des cent démons", 1776) donne un visage et un nom définitif à des centaines de créatures. Le yokai passe de la terreur au divertissement, de la légende orale à l'objet de collection et d'art.

La Hyakki Yagyō (百鬼夜行, "Parade Nocturne des Cent Démons") est le concept le plus célèbre du folklore. Lors de certaines nuits d'été, tous les yokai sortent ensemble pour défiler dans les rues. Si un humain croise la procession, il meurt ou disparaît. Seul le lever du soleil disperse la foule d'ombrelles vivantes, de démons à un œil et de femmes au long cou.

Sans Toriyama Sekien, pas de Pokémon. Pas de Demon Slayer. Pas de Spirited Away. Le design de monstres moderne est né dans ses encyclopédies d'Edo.

Les grandes familles de yokai

Il existe des milliers de yokai, mais quelques familles reviennent sans cesse.

Les Oni : les ogres et gardiens

Force brute, cornes, crocs, massue de fer. L’Oni peut punir, effrayer ou protéger. C’est la famille que je travaille le plus en masque mural.

Lire l’article sur le masque Oni · Voir les masques Oni

Les Henge : les animaux métamorphes

Renards Kitsune, Tanuki, chats Bakeneko ou Nekomata : ces animaux deviennent surnaturels avec l’âge, la ruse ou le contact avec les humains.

Lire l’article sur le Kitsune · Voir les masques Kitsune

Les Tengu : les esprits de montagne

Mi-hommes, mi-oiseaux, maîtres d’armes et figures d’orgueil. Le Daitengu au long nez rouge est l’un des visages japonais les plus reconnaissables.

Lire l’article sur le Tengu · Voir les masques Tengu

Les Tsukumogami : les objets vivants

Une lanterne, une ombrelle ou un outil utilisé pendant très longtemps peut recevoir une âme. C’est une des idées les plus poétiques du folklore japonais.

Les esprits vengeurs

Hannya, Yuki-onna, Kuchisake-onna : ces figures restent proches de l’humain, mais quelque chose a basculé. Ce sont souvent les masques les plus difficiles à peindre, parce qu’il faut garder la tristesse sous la menace.

Lire l’article sur le masque Hannya · Voir les masques Hannya

Quelle est la différence entre un yokai et un yūrei ?

Le yokai est une créature surnaturelle (animal, objet ou esprit transformé). Le yūrei est un fantôme humain : l'esprit d'un mort bloqué entre les mondes par le regret, la haine ou l'amour. Un Kitsune est un yokai. Oiwa est un yūrei.

Quelle est la différence entre un yokai et un kami ?

Le kami est une divinité shinto vénérée dans un sanctuaire. Le yokai est craint ou toléré, jamais prié. Mais la frontière est floue : Raijin ressemble à un Oni mais c'est un kami. Certains Tengu sont vénérés dans des sanctuaires. Un yokai suffisamment puissant peut être "promu" en kami.

Les yokai sont-ils méchants ?

Non par défaut. Certains sont terrifiants (Gashadokuro, Jorogumo), certains sont farceurs (Tanuki, Kappa), certains portent chance (Zashiki Warashi). La plupart sont ambivalents. Le yokai n'est pas "le mal" : c'est l'étrange, l'inexplicable, ce qui ne rentre pas dans les cases.

Pourquoi s'appelle-t-on Dai Yokai ?

"Dai" vient de Daitengu (大天狗, le Grand Tengu). "Yokai" parce que c'est le terme que les gens cherchent quand ils s'intéressent au folklore japonais. Dai Yokai , c'est le yokai en grand format : masques faits main en Bretagne, peints un par un.

Est-ce qu'un masque de yokai porte malheur ?

Au Japon, c'est l'inverse. Un masque d'Oni accroché face à l'entrée est un protecteur qui effraie les mauvais esprits. Les onigawara (tuiles à tête d'Oni) gardent les toits de temple depuis le VIIe siècle. Le masque de yokai est un gardien, pas une malédiction.

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