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Journal Dai Yokai

Geisha et yokai : femmes dangereuses du folklore japonais

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En résumé

  • La "beauté monstrueuse" ( bake-bijin , 化け美人) est un motif central du folklore japonais : un yokai prend l'apparence d'une femme irrésistible pour séduire, piéger et détruire
  • Ce n'est pas de la misogynie. C'est lié à la cosmologie shinto : la beauté et le danger ne s'excluent pas, un même être peut être sublime et mortel
  • 5 yokai incarnent ce thème : Jorogumo (araignée), Tamamo no Mae (renard à 9 queues), Yuki-onna (femme des neiges), Kuchisake-onna (bouche fendue), Hannya (femme jalouse devenue démon)
  • Le masque Geisha Horror articulé Dai Yokai capture exactement cette mécanique : un visage parfait dont la mâchoire s'ouvre pour révéler l'horreur

Pourquoi le Japon associe beauté et danger

Le shintoïsme ne sépare pas le bien du mal de façon binaire. Un kami peut être bienveillant le matin et destructeur le soir. Un yokai peut être magnifique et mortel. Les deux ne s'excluent pas.

Le concept s'appelle mono no aware (物の哀れ) : la beauté est d'autant plus intense qu'elle est éphémère. Et ce qui est éphémère est potentiellement dangereux, parce qu'on s'y attache.

L'époque Edo (1603-1868) a cristallisé cette peur. Les quartiers de plaisir comme Yoshiwara à Edo (Tokyo) étaient des lieux de fascination et de terreur. Les courtisanes étaient admirées pour leur art, mais craintes pour le pouvoir qu'elles exerçaient sur les hommes puissants. La frontière entre la geisha (artiste) et le yokai (prédatrice surnaturelle) est devenue un terrain de jeu pour les conteurs. Toriyama Sekien, dans son Gazu Hyakki Yagyō (1776), a immortalisé plusieurs de ces "belles et mortelles" sous forme d'estampes.

Geisha et yokai : femmes dangereuses du folklore japonais, folklore japonais et culture Dai Yokai Bretagne

Les 5 yokai "belles et mortelles"

Tamamo no Mae (玉藻前)

Courtisane lumineuse

Kitsune à 9 queues

Séduction politique

Femme pâle en blanc

Kuchisake-onna (口裂け女)

Ciseaux + question piège

Passants nocturnes

L'objet de sa passion

1. Jorogumo : l'araignée qui joue du biwa

Une araignée Nephila clavata de 400 ans qui se transforme en femme irrésistible. Elle joue du luth japonais ( biwa ) pour envoûter les voyageurs et tisse des fils de soie invisibles autour d'eux. Elle ne tue jamais vite. Elle construit la confiance, puis se referme. C'est le yokai de la manipulation pure.

→ Guide complet Jorogumo : légendes, Tsuchigumo, tatouage

2. Tamamo no Mae : le renard qui a séduit un empereur C'est la plus redoutable de la liste. Parce qu'elle ne chasse pas des voyageurs anonymes. Elle chasse des souverains.

Tamamo no Mae (玉藻前, "Dame Algue Précieuse") apparaît à la cour de l'empereur Toba (XIIe siècle) sous les traits d'une courtisane d'une beauté et d'une intelligence exceptionnelles. Elle brille littéralement : son corps émet de la lumière. Elle répond à toutes les questions des érudits de la cour, maîtrise la poésie, la musique, la calligraphie. L'empereur tombe amoureux.

Puis l'empereur tombe malade. De plus en plus faible, sans explication médicale. Le devin de la cour, Abe no Yasunari, découvre la vérité : Tamamo no Mae est un Kitsune à neuf queues ( Kyūbi no Kitsune ), le yokai-renard le plus puissant qui existe. Elle aspire la force vitale de l'empereur.

Démasquée, elle fuit. L'armée impériale la poursuit dans les plaines de Nasuno (actuelle préfecture de Tochigi). Tuée par une flèche, elle se transforme en un rocher empoisonné : le Sessho-seki (殺生石, "pierre tueuse"). Tout ce qui touche ce rocher meurt : oiseaux, insectes, voyageurs. Le rocher existe toujours. En mars 2022, il s'est réellement fendu en deux, provoquant un emballement sur les réseaux sociaux japonais : "Tamamo no Mae s'est échappée."

Ce qui rend Tamamo no Mae unique : elle ne séduit pas pour se nourrir (comme la Jorogumo). Elle séduit pour régner. C'est un yokai politique.

→ Guide Kitsune : signification, légendes et masque → Collection masques Kitsune

3. Yuki-onna : le souffle qui gèle le sang

Femme d'une pâleur surnaturelle, kimono blanc, pieds nus dans la neige. Elle apparaît aux voyageurs perdus dans les tempêtes et les tue d'un souffle glacial. Mais dans certaines versions, elle épargne un homme jeune et beau à condition qu'il ne parle jamais d'elle. Il parle. Elle revient.

La Yuki-onna est le yokai de la promesse brisée. La beauté qui disparaît quand on essaie de la retenir.

→ Guide complet Yuki-onna

4. Kuchisake-onna : la question à laquelle on ne peut pas répondre Légende urbaine du Japon des années 1970, pas un yokai ancien. Une femme portant un masque chirurgical (courant au Japon) arrête les passants la nuit et demande : "Suis-je belle ?" Si vous dites oui, elle enlève le masque : sa bouche est fendue d'une oreille à l'autre. "Et maintenant ?" Si vous dites oui, elle vous découpe la même bouche. Si vous dites non, elle vous tue.

Le truc pour s'en sortir (selon les écoliers japonais) : répondre "vous êtes moyenne" ( maamaa desu ). La confusion la ralentit assez pour fuir.

Le masque Kuchisake-onna articulé reproduit exactement cette mécanique : la bouche s'ouvre, le beau visage se déforme.

→ Guide complet Kuchisake-onna

5. Hannya : la femme qui s'est détruite elle-même

La seule de cette liste qui n'est pas un monstre qui se déguise en femme. C'est une femme qui devient un monstre. La Hannya est une aristocrate dont la jalousie a été si intense qu'elle s'est physiquement transformée en démon cornu. Le masque de Nô change d'expression selon l'angle : rage de face, tristesse quand on l'incline vers le bas.

C'est le yokai le plus tragique du lot. La Jorogumo choisit de tuer. La Hannya est détruite par ce qu'elle ressent.

→ Guide complet Hannya : signification, couleurs, légendes → Collection masques Hannya

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→ Masque Geisha Horror articulé → Masque Kuchisake-onna articulé → Tous les masques articulés

Qu'est-ce que la bake-bijin ?

La "beauté monstrueuse" (化け美人) est un motif du folklore japonais : un yokai prend l'apparence d'une femme irrésistible pour séduire et détruire. Ce thème traverse le théâtre Nō, les estampes d'Edo et l'animation contemporaine.

Le thème des femmes dangereuses est-il misogyne ?

Pas dans le contexte shinto. Le shintoïsme ne sépare pas beauté et danger. Un même être peut être sublime et mortel. Le kami suprême est d'ailleurs une femme, Amaterasu (déesse du soleil). Les yokai féminines ne sont pas "méchantes parce que femmes" : elles sont dangereuses parce que puissantes.

Quel est le yokai féminin le plus puissant ?

Tamamo no Mae (Kitsune à 9 queues). Elle n'a pas chassé des voyageurs : elle a séduit un empereur et manipulé la cour impériale. Son corps est devenu un rocher empoisonné qui tue encore (symboliquement) aujourd'hui.

Quel masque Dai Yokai correspond à ce thème ?

Le Geisha Horror articulé (beauté → horreur) et le Kuchisake-onna articulé (bouche qui s'ouvre). Les deux sont fabriqués sous licence et peints à la main en Bretagne.

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